Les procédures françaises s'emparent du marché mondial avec légèreté


Portées par un marché mondial vorace, entravées par les défis de l’ère pandémique mais tout de même affamées, les exportations de la télévision française ont atteint des niveaux records en 2021, accumulant 375,9 millions d’euros (404 millions de dollars) de ventes mondiales. Alors qu’une augmentation des pré-achats étrangers (qui ont alimenté ces chiffres élevés, eux-mêmes en hausse de 6% par rapport à l’année record précédente) a aidé à bénéficier de séries multi-saisons comme « Call My Agent ! « , « Derby Girl » et « High Intelligence Potential », ces trois séries comiques partagent une autre qualité irrésistible pour les acheteurs internationaux. « [There’s a] légèreté alliée à l’authenticité », explique Emmanuelle Dessureault, responsable des acquisitions pour le diffuseur public Radio-Canada.

« Les contenus en français ont souvent une touche légère, ce qui n’enlève rien à la profondeur des sujets abordés, ni des histoires racontées. Les personnages principaux sont vifs et pleins d’entrain, tandis que le sujet peut être franc sans se prendre trop au sérieux. C’est ce qui distingue le contenu français; c’est ce qui le rend intéressant.

Les procédures françaises s'emparent du marché mondial avec légèreté

Intervenant lors d’une conférence d’une journée, tenue dans le cadre des Rendez-vous d’Unifrance à Paris, le directeur des acquisitions québécois a échangé avec la scénariste Anne Rambach (des séries policières « Spirale » et « Candice Renoir »), la distributrice Marie-Laure Hebrard, et Telidja Klai, gestionnaire de contenu pour le diffuseur flamand VRT Ketnet. De son côté, Klai a loué « l’humour très caractéristique » des séries françaises, qui permettait aux programmes d’aborder un sujet plutôt lourd tout en gardant ce ton léger, tandis que Dessureault plaisantait en disant que les inspecteurs de police français semblaient plus lâches que leurs homologues anglais ou scandinaves, et moins tourmentés pour démarrage. S’appuyant sur cette pensée, la présidente de Film & Picture, Marie-Laure Hebrard, a pointé du doigt des émissions policières comme «Candice Renoir» et la série «Murders in…», citant ces deux programmes de longue date comme des contre-propositions efficaces et ciblées à la marque Scandi Noir.

. « [Market interest] penché vers les Français, parce qu’on pourrait proposer des émissions policières avec des personnages tout aussi intéressants mais beaucoup plus légers, beaucoup plus divertissants, et avec parfois un rythme comique », a expliqué Hebrard. « Ces salons pionniers ont permis au public international de vivre une expérience plus ensoleillée tout en [opening a new lane for French scripted drama.

] » Parmi les séries les plus réussies à revendiquer cette voie se trouve  » High Intelligence Potential « , une comédie sur une femme de ménage avec trois enfants et un QI de 160 qui rejoint les forces de police à contrecœur. Depuis sa première diffusion en avril 2021, la série de TF1 a réalisé plus de 100 ventes internationales et conquis plus de 175 téléspectateurs dans le monde, avec un remake américain, commandé par ABC et présenté par Drew Goddard, dont le tournage devrait débuter le mois prochain. En cherchant à miser sur ce succès et à développer le prochain succès mondial, la scénariste Anne Rambach a rappelé son temps sur « Candice Renoir », une procédure balnéaire qui a duré 10 saisons.

« La durabilité de tout grand succès est toujours due aux équipes qui sont restées d’une saison à l’autre », a expliqué Rambach. « Alors qu’en France, on n’a pas la même culture de garder en place les mêmes équipes. Les gens changent et passent à d’autres projets d’une saison à l’autre.

Garder ces équipes serait essentiel en termes d’écriture et de développement.